Comment aborder le changement sereinement

Cela fait longtemps que je n’ai pas eu le temps d’écrire, il y a beaucoup d’autres choses que je n’avais plus le temps de faire non plus. Et puis il y a eu le discours de notre président, qui a vraiment marqué un changement radical, malgré que nous étions tous au courant et presque excités à organiser ce confinement.

Un espace temps s’ouvre à nous, nous ne l’avons pas choisi, mais il est
bien là. J’ai ressenti pleins d’émotions différentes depuis 3 jours, de la peur, de la colère, je me suis sentie paralysée à d’autres moments avec l’envie de ne rien faire. J’ai noté mes émotions, j’ai écris ce qui n’était pas comme avant, ce qui est un problème pour moi. J’ai écris ce qui n’est pas normal mais aussi ce qui est complètement normal et comme d’habitude et je me suis posée la question :

Comment est-ce que je peux aménager le « pas normal » et le « pas comme d’habitude » pour y recréer du confort et de la familiarité ?

Cela m’a permis de prendre de la hauteur et de pouvoir trouver comment mettre à profit ce temps sans le subir. Et je réalise qu’encore une fois c’est une opportunité d’apprendre.

Je citerais Héraclite : « Rien n’est permanent, sauf le changement. Seul le changement est éternel. », Maximes, 142

De nouvelles cartes ont été distribuées, ce ne sont pas celles que l’on voulait mais il va falloir continuer à jouer avec en attendant de nouvelles cartes et ça s’appelle s’adapter au changement. Je me suis dis dis que c’était le bon sujet du moment, nous allons donc aborder le CHANGEMENT.

L’être humain adore ce qui ne change pas, il le trouve rassurant. C’est ce qu’il connaît et c’est ce qu’il essaye de garder intact pour se protéger. Car ce qu’il connaît ne lui fait pas peur, il sait déjà comment agir et réagir face à lui, il sait déjà quoi attendre de lui. Ce qui ne change pas ne demande pas d’efforts. Alors qu’un tout petit changement dans son environnement peut créer des angoisses terribles chez nous. Il faut beaucoup d’efforts pour s’adapter, il faut du courage pour affronter l’inconnu, il faut du mérite pour faire face aux nouvelles choses devant nous. L’instinct humain cherche à garder son environnement comme il le connaît.

Or tout change, à tout instant. Le temps avance et à chaque moment il y a une petite transformation en nous et dans notre environnement qui font que le changement est inévitable. Si nous refusons le changement en nous, l’environnement qui aura changé sera trop différent de ce que nous arrivons à affronter. C’est une illusion de croire à la permanence des choses. Nous voyons bien ce que deviennent ceux qui refusent le changement : ils ont de l’amertume pour tout ce qui est nouveau, ils déplorent tout ce qui est ancien et qui n’est plus.

Il faut apprendre à nous adapter, sinon nous sommes certains d’être les esclaves de l’anxiété et de l’amertume. Lorsque le monde change, nous avons besoin de changer avec lui et de nous adapter.
 
Avez-vous remarqué quand vous demandez à quelqu’un de parler d’un changement entrepris pour améliorer sa vie personnelle, la personne est souvent très énergique ?

Que ce soit s’entraîner pour un marathon, reprendre un vieux loisir ou apprendre une nouvelle compétence, pour la plupart des gens les projets de transformation de soi ont une place émotionnelle très positive. La transformation de soi est stimulante, énergisante voire exaltante.
Quand il s’agit de transformation de soi, vous ne pouvez pas vous empêcher d’être un peu excité.

Mais mettons nous d’accord sur une chose : le changement est difficile.
Les gens résistent naturellement au changement, surtout lorsqu’il leur est imposé.
 
Pour imaginer cette nécessité de changer je voudrais vous partager une fable sur le monde contemporain, celle que l’on trouve dans le best seller : « qui a piqué mon fromage » 

Qui a piqué mon fromage est une fable très courte sur le changement encore mieux sur les réactions au changement.

Cette histoire à 4 personnages 2 souris Snif et Vouf et 2 nains Hum et Ha. Les souris ont un petit cerveau mais un très bon instinct. Les nains agissent en réfléchissant comme des hommes. Tous les jours ils courent dans un labyrinthe à la recherche de fromage pour se nourrir. Le fromage est une métaphore de ce que nous voulons posséder : un travail, une relation, l’argent etc. Chacun a son fromage à lui et les poursuit car ils pensent qu’il le rendra heureux. Les labyrinthes représentent l’endroit où nous passons du temps à rechercher ce que nous voulons : l’entreprise dans laquelle nous travaillons ou notre réseau social.

Tous les matins les quatre personnages enfilent leurs chaussures de jogging et partent à la recherche de fromage. Snif et Vouf utilisent la stratégie très simple de laisser (erreur). Snif utilise son odorat pour identifier la bonne direction et Vouf se lance à sa recherche. Cette méthode n’est pas très efficace et les deux souris se retrouvent souvent face à un mur. Les nains profitent de leurs capacités de réflexion et d’apprentissage même si parfois leurs certitudes et leurs émotions prennent le dessus.

Un jour les quatre personnages tombent sur la plus grande réserve de fromage qu’ils n’ont jamais vu. La disponibilité des fromages semblent infini. Malgré cela Snif et Vouf gardent leurs habitudes. Tous les jours ils se lèvent tôt et suivent les mêmes itinéraires vers cette réserve. Une fois arrivés ils mettent leurs chaussures autour du cou au cas où ils
doivent répartir rapidement. Hum et Ha quant à eux sont en sécurité et changent petit à petit leur routine. Ils se lèvent chaque jour un peu plus tard, ils arrivent à la réserve de plus en plus tranquillement. Une fois sur place, ils se mettent carrément des pantoufles.

Avec le temps leur sécurité tourne à l’arrogance, même s’ils ne savent pas d’où vient le fromage ils considèrent que c’est de leur droit. Ils ont travaillés dur pour les trouver et maintenant ils pensent le mériter. Ils finissent par s’installer à proximité de leur salle et oublient même où sont leurs chaussures. Mais un jour le fromage de la réserve est épuisé. En arrivant à la réserve de bonne heure Snif et Vouf ne sont pas trop surpris. Depuis quelques temps les approvisionnements s’étaient réduits. En suivant leurs instincts, ils reprennent la recherche de nouveaux fromages, en reniflant la direction à suivre et en courant dans cette direction.

Ils ne passent pas de temps à analyser la situation. Le problème et la solution sont simples. La réaction des nains arrivés bien plus tard est tout autre. Hum commence à crier « Quoi pas de fromage ? Qui a piqué mon fromage ? ». Ha reste complètement paralysé. Il n’était pas prêt à cela, il ne veut pas faire face au problème.

Les deux vivent la situation comme une énorme injustice. Pendant plusieurs jours les nains reviennent au même endroit et chaque fois il n’y a pas de fromage. Hum est furieux parce qu’il considère que le formage est de son droit. Ce n’est pas lui le responsable de la situation et quelqu’un lui doit bien une compensation. Ha continue a ignorer le problème. Il ferme les yeux et se bouche les oreilles. Peu à peu la faim et la frustration prennent le dessus et les deux nains se blâment mutuellement. 

Entre temps, un endroit jusque là inexploré, Snif et Vouf ont trouvés ce qu’ils recherchaient une nouvelle réserve de formage encore plus grande que la précédente. Un jour Ha décide de reprendre l’aventure dans le labyrinthe. Il propose à Hum de le suivre, mais ce dernier lui répond : « je ne veux pas abandonner cet endroit, je le connais et il est confortable. De plus c’est dangereux à l’extérieur, je suis trop vieux pour recommencer à chercher et je ne veux pas me ridiculiser ». 

Face à ses réponses Ha se laisse vaincre par la peur et abandonne son projet. Quelques jours plus tard, Ha réalise l’absurdité de la situation et commence à rire de lui-même « Ahah j’ai refais la même chose et je me demande pourquoi rien ne change. » C’est ce qu’il lui fallait pour trouver le courage de partir pour de vrai. Une fois après avoir retrouvé les chaussures, Ha se remet à explorer les labyrinthes. Il sent l’anxiété monter « et s’il n’y avait plus de fromage nul part ? ». Mais si elle est parfois salutaire et permet de se protéger, la peur peut aussi immobiliser si
elle est en excès. 

En souriant de lui-même, il continue dans ses explorations. Les jours suivants il trouve un peu de fromage par ci par là, rien de durable. C’est sûrement un défis mais retourner dans le labyrinthe et chercher du formage n’est pas si pénible. Dans les moments difficiles il se rappelle que la situation actuelle n’est pas pire que de rester sans fromage. Ils contrôlent la situation au lieu de la subir. Si Snif et Vouf peuvent avancer, ils le peuvent aussi.

Ils se posent alors la question « que ferais-je si je n’avais pas peur ? » et il sait la réponse. Une fois, après cette question il se met à courir dans les couloirs sombres en souriant. A sa grande surprise, Ha s’amuse, il comprend alors la raison. En dépassant sa peur, il se sent libre. Il prends maintenant plus de plaisir que jamais. Il savait combien chercher du fromage était amusant.

Une fois, il trouve un peu plus de fromage et après en avoir mangé un peu, il ramène des morceaux à Hum. Son ami apprécie le geste, mais refuse. Je ne veux pas de nouveaux fromages. « Je veux qu’on me rende mon fromage et je ne bouge pas jusqu’à ce que j’obtienne ce que je veux. ». Déçu de cette réaction, Ha repars seul et à contre coeur. En partant il se demande comment ceux dont on a peur n’est jamais aussi mauvais que ce qu’on s’imagine. La peur qu’on laisse grandir dans son esprit est pire que la situation réelle. Il est plus sûr de chercher dans le labyrinthe que de
rester dans un endroit sans fromage. 

Désormais il réalise que le changement se produit sans cesse et de manière spontanée, qu’on le veuille ou pas. Il peut surprendre si on ne s’y attend pas et si on ne le cherche pas. Ces nouvelles croyances le pousse à de nouveaux comportements. Quant on change ses croyances on modifie aussi sa manière d’agir et un jour Ha arrive dans les réserves de fromages où se trouve Snif et Vouf. Il goute un bout de fromage frais et clame « vive le changement ». Il pense alors à ce qu’il appris ces derniers jours. Il a pu changer dès qu’il avait ris de lui.

L’auto ironie est le moyen le plus rapide pour changer. Le comportement de Snif et Vouf est aussi intéressant. Ils vivent simplement, ils ne compliquent pas les choses. Quand la situation change, que le formage se déplace, eux aussi changent et se déplacent. La plus grande résistance au changement réside en soi et tant qu’on ne change pas rien ne peut aller mieux. Il y a toujours du fromage ailleurs, qu’on le reconnaisse ou non. La récompense arrive ne dépassant sa peur et en appréciant l’aventure.

Son ami Hum doit trouver sa voie en dehors de sa zone de confort. Personne ne peut le faire à sa place ni le convaincre. Il est plus prudent d’avoir conscient des choix réels que de s’isoler dans sa zone de confort. Dorénavant pour ne pas être surpris par un changement inattendu, Ha vérifie chaque jour les stocks de fromages et explore de nouveaux lieux du labyrinthe. Ce qui nous arrive en ce moment, est comme une privation de notre fromage ( notre liberté, nos sorties, nos restaurants, notre vie sociale…), il va falloir explorer une autre manière de vivre et de trouver de la satisfaction, se réinventer.

Et comme tout changement, il faut s’accorder du temps,
passer par les différentes phases, le déni, la colère, la tristesse et puis … la réalisation.
Alors ça commence par voir positivement le fait de rester à la maison :

– Rester chez moi, ça va me permettre de …
– Avec les enfants à la maison, on va en profiter pour …
– Le télé-travail, c’est super parce que …
– Si mon activité professionnelle est ralentie, ce sera une très bonne occasion de …
– Prendre tous les repas à la maison ça va être bénéfique parce que ….
Faites la liste de toutes les choses que vous allez pouvoir entreprendre et auxquelles vous allez pouvoir accorder du temps. Dans la vie on a toujours le choix, il faut lâcher prise et surtout prendre ce temps comme un cadeau et se dire : que vais-je faire de ce cadeau ?

Chaque morceau de ce cadeau non utilisé ( nos minutes, nos secondes ..) ne pourra pas être rattrapé.

Je vous souhaite à toutes et à tous une belle expérience.

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