La quête de la perfection

Je voudrais partager avec vous autour d’un sujet qui a longtemps été un tyran pour moi, la recherche de la perfection. J’ai toujours voulu plus pour quelque part approcher une forme de perfection.

Ce qui m’a amené à ne jamais être satisfaite de ce que j’étais ou de ce que j’avais. Je me lançais des défis en permanence depuis petite pour être la meilleure à l’école, la meilleure au conservatoire, pour avoir un plus beau corps

Il y a quelques semaines dans ma salle de bain, je me pèse et je chuchote que je dois perdre 3kgs, que ça ne va pas du tout.

C’est alors que mon fils qui m’entend me demande :

Maman ça va changer quoi si tu perds 3kgs, tu vas t’inscrire au concours Miss France ?

La vérité sort de la bouche des enfants dit-on ? En tous les cas il m’a posé une question à laquelle je n’avais pas de réponse. La seule chose que j’avais envie de répondre c’est que je me sentirais mieux. Mais en quoi ces 3kgs allaient me faire me sentir mieux à part me dire que j’ai 53kgs ? Pourquoi a-t-on toujours en tête cette petite voix qui veut toujours mieux ? Pourquoi part-t-on en croisade pour atteindre quelque chose qui par définition est hors de portée ?

Quand on aborde la question à travers l’histoire des idées, ce qu’est la perfection nous parait beaucoup plus clair. Au début ce n’était qu’un concept intellectuel, dans notre société certains prennent ça au premier degré et cherche quand on leur dit d’être parfait, ce qui va nous faire nous sentir jamais assez bien.

Le problème principal de la perfection c’est le perfectionniste et le problème du perfectionniste c’est qu’il se comporte comme si la perfection devait être atteinte.

Pendant que le perfectionniste continue d’agir en étant sûre d’avoir parfaitement raison, des études montrent les effets secondaires que cela provoque :

  • Anxiété
  • Automutilation
  • Agoraphobie
  • Obsession compulsive

En 2016 une étude à montré que le perfectionnisme induit par notre société est à l’origine d’une avalanche de troubles, de dépressions

L’ironie de tout ça c’est que l’on a beau savoir qu’on ne peut pas atteindre la perfection il y a toujours une voix dans notre tête qui nous chuchote que ce que l’on a fait aurait pu être encore mieux. Du coup pour se donner une chance de se croire parfait on vit dans un monde dans lequel on a des bonnes et des mauvaises réponses qui font que l’on a une vision du monde où on voit d’abord une chose qui nous manque plutôt que de voir ce qui est déjà là.

Comme le cerveau passe son temps à tout comparer avec ce que ça aurait pu ou ce que ça devrait être il n’est jamais dans le présent.

Alors au lieu d’essayer d’être parfait, soyons présent, sinon tout ce qu’on va finir par produire c’est de la procrastination. Parce que vu que le perfectionnisme implique qu’il y ait toujours quelque chose à revoir au final rien n’avance.

L’excellence, la perfection induit a une remise en question permanente qui inclus l’imperfection, tant qu’on fait de notre mieux ce n’est pas grave d’être imparfait.

Alors j’ai fait le choix d’être imparfaite, et d’arrêter de me juger si durement ou de me comparer en permanence.

Oui je pourrais avoir plus de tout, être meilleure dans plein de domaines, mais au final si je sais que je fais de mon mieux, ça doit suffire à me satisfaire.

Le mot bienveillance prend tout son sens quand il s’agit de bienveillance envers soi-même, et c’est le meilleur moyen de prendre soin de soi.

Et comme tout changement, si vous aussi vous entendez cette petite voix sans savoir la faire taire, si vous aussi quand vous stressez c’est encore pire et vous avez alors du mal à déléguer et vous vous dites que vous n’arrêterez pas tant que ce n’est pas parfait, alors testez quelques fois, de lâcher et d’accepter que ce ne soit pas parfait et observez ce qu’il se passe.

La seule manière de changer les choses est d’expérimenter quelque chose de différent et que votre cerveau se dise : « Ah en fait il ne se passe rien, finalement c’est pas si mal ! ».

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